Il s'agit donc d'un film humain, humaniste, issue de la formidable histoire de Nelson Mandela lorsqu'il devint président de l'Afrique du Sud. Une aventure généreuse mais réaliste qui se suffit à elle-même: c'est là où le bas blesse car le support est oublié. Le film est conventionnel dans sa forme, scolaire dans son ton. Cela peut aussi être son point fort: laisser telle qu'elle la grandeur du héros pour qu'on la saisisse dans sa réalité et que notre admiration ne soit pas manipulée.
Seulement voilà, on s'y ennuie terriblement. Rien ne surprend, tout est lisse et sans finesse. Les explications sont inutiles, la leçon est limpide. Heureusement il y a Morgan Freeman, qui joue un Mandela poignant. Mais sa lumière contribue encore plus à rendre les autres invisibles.
La fin est très décevante: le match va se terminer et tout est filmé au ralenti! C'est si gros, si lourd, que la magie ne prend pas. Le coup de sifflet qui libère le ralenti et les explositions de joie ne nous communiquent pas l'allégresse espérée.
Il faut de l'inspiration et de l'enthousiasme à mon peuple, nous confie Mandela au milieu du film, qui lui en manque cruellement. Lorsqu'un peu de musique se fait entendre, on se rappelle soudain que c'était cela qu'on était venu chercher: de l'émotion, un film qui transporte l'âme, pas de l'ennui!
Citation de l'article "La critique a-t-elle perdu tout sens critique?" publié dans Télérama (20 janvier 2010, n°3132): pour Oliver Assayas, cinéaste et anciennement critique aux Cahiers du cinéma, "une critique n'a d'intérêt que si elle pointe une certaine idée du cinéma" dans les films. Je ne cherche pas autre chose.